Fiches de révision HGGSP Terminale : les 6 thèmes du programme (océans, guerre et paix, mémoires, patrimoine, environnement, connaissance). Bac 2026.
La spécialité Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques (HGGSP) est l’une des spécialités les plus choisies au lycée général. En Terminale, l’épreuve dure 4 heures avec un coefficient 16 au baccalauréat. Elle se compose d’une dissertation (sur l’un des deux sujets proposés, portant chacun sur un thème différent) et d’une étude critique de document(s). Le programme de Terminale comprend six thèmes, chacun articulé autour d’axes, de jalons historiques et d’études de cas contemporaines. Cette fiche couvre l’intégralité du programme officiel 2025-2026 avec les notions, repères et problématiques à maîtriser.
Ce thème explore trois espaces stratégiques devenus des enjeux majeurs de la géopolitique contemporaine : les océans, l’espace extra-atmosphérique et le cyberespace.
Les océans couvrent 71 % de la surface terrestre et concentrent des enjeux économiques, stratégiques et environnementaux majeurs. Le droit de la mer est encadré par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), signée à Montaïgo Bay en 1982 et entrée en vigueur en 1994. Elle définit plusieurs zones juridiques : les eaux territoriales (12 milles marins), la zone économique exclusive (ZEE) (200 milles marins) et le plateau continental (éventuellement étendu au-delà de 200 milles).
Les rivalités maritimes sont multiples. En mer de Chine méridionale, la Chine revendique la quasi-totalité de cet espace (ligne en neuf traits), en contradiction avec les revendications du Vietnam, des Philippines, de la Malaisie et de Brunéi. La Cour permanente d’arbitrage de La Haye a rejeté les prétentions chinoises en 2016, mais Pékin refuse de reconnaître cette décision. L’Arctique est un autre espace de tension : la fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes et rend accessibles des ressources (hydrocarbures, minéraux), attisant les convoitises de la Russie, du Canada, de la Norvège, du Danemark et des États-Unis.
Les océans sont également essentiels pour le commerce mondial : plus de 80 % des échanges internationaux transitent par voie maritime. Les détroits (Malacca, Ormuz, Bab el-Mandeb) et les canaux (Suez, Panama) sont des points de passage stratégiques (chokepoints) dont le contrôle est un enjeu géopolitique majeur.
La conquête spatiale a d’abord été un enjeu de la Guerre froide : Spoutnik (URSS, 1957), premier homme dans l’espace (Gagarine, 1961), premiers pas sur la Lune (Apollo 11, 1969). Le traité de l’espace de 1967 pose les principes fondamentaux : l’espace est un bien commun de l’humanité, aucun État ne peut s’approprier un corps céleste, l’usage militaire est limité (interdiction des armes nucléaires en orbite).
Aujourd’hui, l’espace est devenu un enjeu de puissance majeur. Les satellites sont indispensables pour les télécommunications, la géolocalisation (GPS, Galileo, GLONASS, BeiDou), l’observation de la Terre et le renseignement militaire. De nouveaux acteurs émergent : la Chine (programme Chang’e, station spatiale Tiangong), l’Inde (mission Chandrayaan-3 sur la Lune en 2023), les Émirats arabes unis. Les acteurs privés jouent un rôle croissant : SpaceX (Elon Musk) a révolutionné l’accès à l’espace avec les fusées réutilisables et la constellation Starlink. La militarisation de l’espace s’accélère : les États-Unis ont créé une Space Force (2019), la France un Commandement de l’espace (2019).
Le cyberespace est un espace immatériel constitué de l’ensemble des réseaux informatiques interconnectés. Il se compose de trois couches : la couche physique (câbles sous-marins, serveurs, data centers), la couche logique (protocoles, logiciels) et la couche sémantique (informations, données).
Le cyberespace est un terrain de conflictualité : cyberattaques (attaque Stuxnet contre l’Iran en 2010, attaques russes contre l’Ukraine, ransomwares), cyberespionnage, manipulation de l’information (fake news, ingérence électorale). La cybersécurité est devenue un enjeu de sécurité nationale : en France, l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) coordonne la défense. La gouvernance d’Internet est un enjeu géopolitique : l’ICANN (gestion des noms de domaine) est sous influence américaine, tandis que la Chine et la Russie promeuvent une souveraineté numérique nationale.
Carl von Clausewitz (1780-1831), théoricien militaire prussien, définit la guerre comme « la continuation de la politique par d’autres moyens » dans son ouvrage De la guerre. Pour lui, la guerre est un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter la volonté politique du vainqueur. Le concept de « montée aux extrêmes » décrit la tendance à l’escalade de la violence.
Les formes de la guerre ont profondément évolué :
Le droit international humanitaire (DIH) est issu des Conventions de Genève (1949) et de leurs protocoles additionnels. Il fixe des règles pour la conduite des hostilités : protection des civils, des prisonniers de guerre, interdiction de certaines armes (Convention d’Ottawa sur les mines antipersonnel, 1997).
La justice internationale cherche à punir les crimes les plus graves :
L’Organisation des Nations unies (ONU), fondée en 1945, a pour mission principale le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le Conseil de sécurité (5 membres permanents disposant du droit de veto : États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) peut autoriser le recours à la force ou déployer des Casques bleus (opérations de maintien de la paix). Le droit de veto bloque régulièrement l’action du Conseil (Syrie, Ukraine).
Les processus de paix prennent diverses formes : négociations diplomatiques, accords de cessez-le-feu, traités de paix. Les Accords d’Oslo (1993) entre Israël et l’OLP illustrent les limites des processus de paix : signés sous l’égide des États-Unis, ils n’ont pas abouti à une solution durable.
L’histoire est une discipline scientifique qui vise à établir des faits de manière objective, en s’appuyant sur des sources et une méthode critique. La mémoire est un vécu subjectif, individuel ou collectif, qui évolue dans le temps et peut être instrumentalisé. L’historien Pierre Nora a théorisé les « lieux de mémoire » (monuments, commémorations, archives) comme supports de la mémoire collective.
Les mémoires sont plurielles et parfois conflictuelles. Elles sont portées par des groupes sociaux différents (anciens combattants, victimes, résistants, collaborateurs) qui cherchent à faire reconnaître leur récit.
Après 1945, la mémoire dominante est celle du résistancialisme (mythe d’une France unanimement résistante), porté par le général de Gaulle et le Parti communiste. Le film Le Chagrin et la Pitié (Marcel Ophuls, 1971) brise ce mythe en montrant la réalité de la collaboration. L’historien Robert Paxton (La France de Vichy, 1973) démontre que le régime de Vichy a collaboré activement, notamment dans la déportation des Juifs. La mémoire de la Shoah émerge progressivement : le procès Eichmann (1961), le procès Barbie (1987), puis la déclaration du président Chirac en 1995 reconnaissant la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs.
La Guerre d’Algérie (1954-1962) reste un sujet mémoriel sensible en France. Plusieurs mémoires coexistent : celle des appelés du contingent, celle des harkis (combattants algériens engagés aux côtés de la France), celle des pieds-noirs (Français d’Algérie rapatriés), celle des militants FLN et de la mémoire nationale algérienne. Longtemps, la France a parlé d’« événements d’Algérie » plutôt que de « guerre ». Ce n’est qu’en 1999 que l’Assemblée nationale a officiellement reconnu le terme de « guerre d’Algérie ».
Les lois mémorielles posent la question du rôle de l’État dans l’écriture de l’histoire : loi Gayssot (1990, répression du négationnisme de la Shoah), loi Taubièra (2001, reconnaissance de la traite négrière comme crime contre l’humanité). Des historiens comme Pierre Nora ont critiqué ces lois en affirmant qu’il n’appartient pas au législateur de définir la vérité historique (« Liberté pour l’histoire »).
Le patrimoine désigne l’ensemble des biens hérités du passé qu’une société choisit de conserver et de transmettre. La notion s’est considérablement élargie : du patrimoine monumental (châteaux, cathédrales) au patrimoine immatériel (traditions, langues, savoir-faire artisanaux, gastronomie). La patrimonialisation est le processus par lequel un bien est reconnu comme patrimoine : elle implique une sélection, une légitimation et une mise en valeur.
L’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) a adopté en 1972 la Convention du patrimoine mondial pour protéger les sites de « valeur universelle exceptionnelle ». En 2003, la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a élargi le champ de la protection. La Liste du patrimoine mondial compte plus de 1 100 sites dans le monde. L’inscription sur la liste est un enjeu de soft power : elle confère prestige et visibilité, attire le tourisme et les investissements.
Le patrimoine est menacé par les conflits armés (destruction des Bouddhas de Bâmiyân par les talibans en 2001, saccage de Palmyre par Daech en 2015), par l’urbanisation incontrôlée, par le changement climatique (montée des eaux, érosion) et par le pillage archéologique. Les tensions entre développement économique et conservation sont récurrentes : comment concilier modernisation urbaine et préservation du patrimoine ?
La question de la restitution du patrimoine est un enjeu géopolitique croissant : de nombreux pays africains réclament le retour d’œuvres d’art pillées pendant la colonisation (rapport Sarr-Savoy, 2018, sur la restitution du patrimoine africain).
L’exploitation des ressources naturelles (hydrocarbures, minerais, forêts, eau) a permis le développement économique mais engendre des dégradations environnementales majeures : déforestation (Amazonie, Asie du Sud-Est), pollution des sols et des eaux, épuisement des ressources halieutiques, perte de biodiversité.
Le changement climatique est le défi environnemental majeur du XXIe siècle. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), créé en 1988, publie des rapports scientifiques qui établissent le lien entre activités humaines et réchauffement climatique. Le 6e rapport (2021-2023) confirme que le réchauffement a déjà atteint +1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle et pourrait dépasser +1,5°C dès les années 2030.
La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée au Sommet de la Terre de Rio (1992), a lancé les négociations climatiques. Le Protocole de Kyoto (1997) imposait des réductions d’émissions aux pays développés, mais les États-Unis ne l’ont jamais ratifié. L’Accord de Paris (COP 21, 2015) marque un tournant : 196 pays s’engagent à limiter le réchauffement bien en dessous de 2°C et à poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5°C. Chaque État soumet des contributions déterminées au niveau national (CDN), mais les engagements actuels sont insuffisants pour atteindre les objectifs.
Le débat oppose partisans du développement durable (concilier croissance économique, équité sociale et protection de l’environnement, rapport Brundtland, 1987) et tenants de la décroissance (réduire la production et la consommation pour respecter les limites planétaires). Les transitions énergétiques (développement des énergies renouvelables, sortie des énergies fossiles) et écologiques sont au cœur des politiques publiques. Le Green Deal européen vise la neutralité carbone en 2050.
La justice climatique souligne les inégalités face au changement climatique : les pays les plus vulnérables (petits États insulaires, pays du Sahel) sont les moins responsables des émissions.
La connaissance est un enjeu de puissance : celui qui la produit, la diffuse et la contrôle dispose d’un avantage stratégique. Les universités et les centres de recherche sont au cœur de cette compétition. Les classements internationaux (Shanghai, THE, QS) reflètent et renforcent la hiérarchie mondiale : les universités américaines et britanniques dominent, mais la Chine monte en puissance. La fuite des cerveaux (brain drain) profite aux pays attractifs et affaiblit les pays d’origine.
Les brevets protègent les innovations et confèrent un monopole temporaire. Les débats sur les brevets pharmaceutiques illustrent la tension entre propriété intellectuelle et accès à la connaissance (licence obligatoire pour les médicaments génériques, Accords ADPIC de l’OMC).
Le soft power (Joseph Nye, 1990) désigne la capacité d’influence d’un État par l’attractivité de sa culture, de ses valeurs et de ses institutions. La diffusion de la connaissance est un levier de soft power : les programmes d’échange universitaire (Erasmus, Fulbright), les instituts culturels (Alliance française, British Council, Goethe-Institut, Instituts Confucius), les médias internationaux.
Les GAFAM (Google, Apple, Facebook/Meta, Amazon, Microsoft) jouent un rôle central dans la circulation de l’information et de la connaissance. Leur puissance soulève des questions de souveraineté numérique : dépendance technologique, contrôle des données, influence algorithmique.
Le contrôle de la connaissance passe également par la censure et la surveillance. La Chine a développé un « Grand Firewall » qui filtre l’accès à Internet et bloque les plateformes occidentales (Google, Facebook, Twitter). La Russie encadre de plus en plus strictement l’espace numérique. Les révélations d’Edward Snowden (2013) sur les programmes de surveillance de masse de la NSA américaine ont soulevé un débat mondial sur le droit à la vie privée.
La désinformation (fake news, deepfakes) menace les démocraties. Les réseaux sociaux amplifient la viralisation de fausses informations. L’éducation aux médias et la littératie numérique sont des enjeux majeurs pour les sociétés démocratiques.