Programme de SVT — Seconde 2026
Le programme de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) en classe de seconde vise à donner aux élèves une culture scientifique solide et à les préparer au choix de la spécialité SVT en première. Il s'organise autour de trois grands thèmes : La Terre, la vie et l'organisation du vivant, Enjeux contemporains de la planète et Le corps humain et la santé. L'enseignement repose sur une démarche scientifique rigoureuse, associant observations, expériences, modélisations et argumentation.
1. La Terre, la vie et l'organisation du vivant
1.1 La cellule : unité structurale et fonctionnelle du vivant
Tous les êtres vivants sont constitués de cellules. La cellule est la plus petite unité capable de vie autonome. On distingue deux grands types :
Cellules eucaryotes (animaux, végétaux, champignons, protistes) :
- Membrane plasmique : enveloppe lipidique double couche qui délimite la cellule et contrôle les échanges avec le milieu extérieur.
- Noyau : organite délimité par une enveloppe nucléaire à double membrane percée de pores. Il contient l'ADN (information génétique) organisé en chromosomes.
- Cytoplasme : milieu aqueux (cytosol) contenant les organites.
- Organites : mitochondries (respiration cellulaire), chloroplastes (photosynthèse, chez les végétaux uniquement), réticulum endoplasmique, appareil de Golgi, ribosomes.
- Les cellules végétales possèdent en plus une paroi cellulosique rigide (extérieure à la membrane), une vacuole volumineuse (stockage d'eau, sels, pigments) et des chloroplastes.
Cellules procaryotes (bactéries, archées) :
- Pas de noyau : l'ADN est libre dans le cytoplasme sous forme d'un chromosome circulaire unique (et souvent de petits plasmides).
- Pas d'organites membranaires.
- Paroi bactérienne, membrane plasmique, ribosomes.
- Taille beaucoup plus petite que les eucaryotes (1 à 10 μm contre 10 à 100 μm).
Observation microscopique : le microscope optique permet d'observer des cellules à un grossissement de ×100 à ×1000. Le microscope électronique permet de visualiser les ultrastructures (organites).
1.2 ADN : support de l'information génétique
L'ADN (acide désoxyribonucléique) est la molécule universelle du vivant qui porte l'information génétique. Sa structure a été élucidée par Watson et Crick en 1953.
Structure de l'ADN :
- Molécule en double hélice : deux brins enroulés l'un autour de l'autre.
- Chaque brin est une chaîne de nucléotides. Un nucléotide comprend un sucre (désoxyribose), un groupement phosphate et une base azotée parmi quatre : Adénine (A), Thymine (T), Guanine (G), Cytosine (C).
- Les deux brins sont reliés par des liaisons hydrogène entre bases complémentaires : A s'apparie avec T (2 liaisons hydrogène) et C s'apparie avec G (3 liaisons hydrogène). C'est la complémentarité des bases.
Gènes et allèles :
- Un gène est une portion d'ADN qui porte l'information nécessaire à la synthèse d'une protéine (ou d'un ARN fonctionnel). L'ensemble des gènes constitue le génome.
- Un allèle est une version particulière d'un gène, caractérisée par une séquence nucléotidique spécifique. Les différents allèles d'un même gène résultent de mutations (modifications de la séquence : substitution, insertion, délétion d'un ou plusieurs nucléotides).
- Chez les organismes diploïdes (comme l'humain), chaque gène est présent en deux exemplaires (un sur chaque chromosome homologue). Si les deux allèles sont identiques, l'individu est homozygote ; s'ils sont différents, il est hétérozygote.
Mutations : elles sont à l'origine de la diversité génétique. Elles peuvent être neutres, bénéfiques ou délétères. Les mutations germinales (dans les cellules reproductrices) sont transmises à la descendance ; les mutations somatiques ne le sont pas.
1.3 Métabolisme cellulaire
Le métabolisme est l'ensemble des réactions chimiques qui se déroulent dans une cellule. On distingue deux grands types d'organismes selon leur source de carbone :
Autotrophie — les organismes autotrophes fabriquent leur matière organique à partir de matière minérale :
- Photosynthèse (plantes vertes, algues, cyanobactéries) : utilise l'énergie lumineuse pour convertir le CO₂ et l'H₂O en matière organique (glucose) et en O₂.
- Équation bilan : 6 CO₂ + 6 H₂O → C₆H₁₂O₆ + 6 O₂
- Elle se déroule dans les chloroplastes et nécessite la chlorophylle (pigment vert qui absorbe la lumière rouge et bleue).
Hétérotrophie — les organismes hétérotrophes utilisent la matière organique produite par d'autres êtres vivants :
- Respiration cellulaire : dégradation du glucose en présence d'O₂ pour produire de l'énergie (ATP). Elle se déroule dans les mitochondries.
- Équation bilan : C₆H₁₂O₆ + 6 O₂ → 6 CO₂ + 6 H₂O + énergie (ATP)
- Fermentation : dégradation incomplète du glucose en absence d'O₂ (anaérobiose). Exemples : fermentation alcoolique (levures : glucose → éthanol + CO₂), fermentation lactique (bactéries : glucose → acide lactique). La fermentation produit beaucoup moins d'ATP que la respiration.
1.4 Biodiversité
La biodiversité se définit à trois niveaux :
- Biodiversité génétique : diversité des allèles au sein d'une même espèce (chaque individu est génétiquement unique, sauf les vrais jumeaux).
- Biodiversité spécifique : diversité des espèces dans un milieu donné. On estime entre 8 et 10 millions le nombre d'espèces sur Terre, dont seulement ~1,8 million décrites.
- Biodiversité écosystémique : diversité des écosystèmes (forêts, récifs coralliens, prairies, zones humides…).
Un écosystème est constitué d'un milieu de vie (biotope : sol, climat, eau…) et de l'ensemble des êtres vivants qui y vivent (biocénose). Les relations entre les espèces sont multiples : prédation, compétition, symbiose, parasitisme. Les réseaux trophiques décrivent les relations alimentaires au sein d'un écosystème.
La biodiversité est menacée par les activités humaines : destruction des habitats, pollution, surexploitation, espèces invasives, changement climatique. Sa préservation est un enjeu majeur.
2. Enjeux contemporains de la planète
2.1 Érosion, transport, sédimentation
Les roches en surface subissent l'érosion, un ensemble de processus qui les fragmentent et les altèrent :
- Érosion physique (ou mécanique) : action du gel-dégel, des variations de température, du vent, de l'eau courante, des glaciers.
- Érosion chimique : dissolution des minéraux par l'eau (hydrolyse, dissolution du calcaire par l'eau chargée en CO₂).
- Érosion biologique : action des racines, des lichens, des organismes fouisseurs.
Les produits de l'érosion sont transportés par l'eau (rivières, fleuves), le vent, la gravité ou les glaciers. Ce transport peut être sous forme dissoute, en suspension, ou par charriage au fond.
La sédimentation est le dépôt des particules transportées lorsque l'agent de transport perd de l'énergie (ralentissement du courant, arrivée en mer…). Les sédiments s'accumulent en couches successives qui, au fil du temps géologique, se transforment en roches sédimentaires (grès, calcaire, argile) par compaction et cimentation : c'est la diagenèse.
Le cycle des roches relie les trois grands types de roches : sédimentaires, magmatiques et métamorphiques, par des processus de transformation (érosion → transport → sédimentation → diagenèse → enfouissement → métamorphisme → fusion → cristallisation → érosion…).
2.2 Le sol : un milieu vivant et fragile
Le sol est la couche superficielle de la croûte terrestre, interface entre lithosphère, atmosphère, hydrosphère et biosphère. Il est composé de :
- Fraction minérale : fragments de roche-mère (sable, limon, argile) issus de l'altération de la roche sous-jacente.
- Matière organique : débris végétaux (litière) et animaux en décomposition, humus (matière organique décomposée, noire, stable).
- Êtres vivants : une extraordinaire biodiversité (bactéries, champignons, vers de terre, insectes, acariens…). Un gramme de sol contient des milliards de bactéries. Les vers de terre brassent le sol, aèrent et favorisent la décomposition.
- Eau : solution du sol contenant des ions minéraux dissous, indispensable aux plantes.
- Air : dans les pores du sol, nécessaire à la respiration des organismes.
La formation d'un sol est un processus très lent (1 cm de sol peut mettre des centaines d'années à se former). L'altération de la roche-mère, l'activité biologique et le climat sont les principaux facteurs de pédogenèse.
La dégradation des sols est rapide face aux activités humaines : déforestation, agriculture intensive, artificialisation, pollution par les pesticides et les engrais, compaction par les engins. L'érosion des sols est un problème majeur : en France, certains sols perdent plusieurs tonnes de terre par hectare et par an.
2.3 Agrosystèmes vs écosystèmes naturels
Un écosystème naturel est un système en équilibre dynamique : la matière circule en boucle (cycle de la matière), l'énergie solaire est captée par les producteurs (plantes), transmise aux consommateurs et restituée par les décomposeurs. La biodiversité y est élevée.
Un agrosystème est un écosystème modifié par l'homme pour la production agricole. Ses caractéristiques :
- Biodiversité réduite (monoculture, sélection variétale).
- Exportation de matière (récolte) qui rompt le cycle naturel.
- Nécessité d'apports extérieurs : engrais (N, P, K) pour compenser les exportations, pesticides (herbicides, insecticides, fongicides) pour lutter contre les organismes nuisibles, irrigation.
- Impacts environnementaux : pollution des eaux (eutrophisation par les nitrates et phosphates), pollution des sols, diminution de la biodiversité, émissions de gaz à effet de serre.
L'agriculture durable cherche à concilier productivité et respect de l'environnement : agriculture biologique, agroécologie, rotation des cultures, lutte biologique, réduction des intrants.
3. Le corps humain et la santé
3.1 Système cardiovasculaire
Le cœur est un muscle creux (myocarde) qui fonctionne comme une double pompe :
- Le cœur droit reçoit le sang désoxygéné (veines caves → oreillette droite → ventricule droit) et l'envoie vers les poumons (artère pulmonaire) : c'est la circulation pulmonaire (petite circulation).
- Le cœur gauche reçoit le sang oxygéné des poumons (veines pulmonaires → oreillette gauche → ventricule gauche) et l'envoie vers tous les organes (aorte) : c'est la circulation systémique (grande circulation).
La pression artérielle mesure la force exercée par le sang sur la paroi des artères. Elle varie entre une valeur maximale (pression systolique, lors de la contraction du ventricule) et une valeur minimale (pression diastolique, lors du relâchement). Valeurs normales : environ 120/80 mmHg. L'hypertension artérielle (> 140/90 mmHg) est un facteur de risque cardiovasculaire.
3.2 Agents pathogènes
Les agents pathogènes sont des organismes capables de provoquer des maladies :
- Bactéries : organismes procaryotes unicellulaires. Certaines sont pathogènes (tuberculose, angine bactérienne), d'autres sont bénéfiques (microbiote). Traitement : antibiotiques (inefficaces contre les virus).
- Virus : entités biologiques non cellulaires, constitués d'un acide nucléique (ADN ou ARN) et d'une capside protéique. Ils sont des parasites intracellulaires obligatoires : ils ne peuvent se reproduire qu'à l'intérieur d'une cellule hôte. Exemples : grippe (influenza), COVID-19 (SARS-CoV-2), VIH.
- Parasites : organismes eucaryotes qui vivent aux dépens d'un hôte. Exemples : paludisme (Plasmodium, transmis par le moustique Anopheles), toxoplasmose.
La transmission peut être directe (contact, gouttelettes) ou indirecte (eau, aliments, vecteurs comme les moustiques).
3.3 Microbiote humain
Le microbiote est l'ensemble des micro-organismes (bactéries, archées, champignons, virus) qui vivent sur et dans notre corps. Le microbiote intestinal est le plus étudié : il contient environ 10¹³ à 10¹⁴ bactéries (autant que de cellules humaines) et pèse 1 à 2 kg.
Rôles du microbiote :
- Digestion : les bactéries intestinales dégradent des fibres alimentaires que nos enzymes ne peuvent pas digérer, produisant des acides gras à chaîne courte bénéfiques.
- Immunité : le microbiote stimule le développement et la maturation du système immunitaire. Il constitue une barrière contre les agents pathogènes par compétition (pour les nutriments et les sites d'adhésion).
- Équilibre : un microbiote diversifié est associé à une bonne santé. Une dysbiose (déséquilibre du microbiote) est liée à diverses pathologies (maladies inflammatoires de l'intestin, obésité, allergies).
Le microbiote est acquis à la naissance (accouchement, allaitement) et évolue en fonction de l'alimentation, de l'environnement et des traitements antibiotiques.
3.4 Activité physique et santé
L'exercice physique sollicite les muscles et entraîne des adaptations de l'organisme :
- Fréquence cardiaque : augmente à l'effort pour accroître le débit sanguin et l'apport en O₂ et en nutriments aux muscles. Au repos : 60–80 bpm ; à l'effort intense : jusqu'à 200 bpm (fréquence maximale théorique ≈ 220 − âge).
- Ventilation pulmonaire : la fréquence et l'amplitude respiratoires augmentent pour accroître les échanges gazeux (apport d'O₂, élimination de CO₂).
- Consommation de glucose et d'O₂ par les muscles augmente. Les muscles utilisent d'abord le glucose sanguin et le glycogène musculaire, puis les acides gras pour les efforts prolongés.
Bénéfices d'une activité physique régulière : amélioration de la santé cardiovasculaire, renforcement du système immunitaire, prévention de l'obésité et du diabète de type 2, bien-être mental (libération d'endorphines).
Risques d'une activité excessive ou mal pratiquée : blessures musculaires et articulaires, surentraînement, déshydratation.
3.5 Procréation et sexualité
Bases biologiques de la procréation :
- L'appareil reproducteur masculin produit des spermatozoïdes (dans les testicules) et des hormones (testostérone).
- L'appareil reproducteur féminin produit des ovocytes (dans les ovaires) et des hormones (œstrogènes, progestérone).
- Le cycle menstruel dure environ 28 jours : phase folliculaire (maturation d'un follicule ovarien sous l'action de la FSH), ovulation (libération de l'ovocyte au 14ᵉ jour environ, pic de LH), phase lutéale (transformation du follicule en corps jaune qui sécrète de la progestérone).
- La fécondation est la fusion d'un spermatozoïde et d'un ovocyte, formant un zygote qui se développera en embryon.
Hormones et contrôle :
- L'axe hypothalamo-hypophysaire contrôle la production d'hormones sexuelles via la GnRH, la FSH et la LH.
- La testostérone (chez l'homme) et les œstrogènes/progestérone (chez la femme) assurent le développement des caractères sexuels secondaires et le fonctionnement de l'appareil reproducteur.
Contraception : ensemble des méthodes visant à éviter une grossesse :
- Contraception hormonale : pilule (œstroprogestative ou progestative), implant, patch, anneau vaginal. Elles agissent en bloquant l'ovulation et/ou en modifiant la glaire cervicale.
- Contraception mécanique : préservatif masculin ou féminin (seule méthode qui protège aussi contre les IST), stérilet (DIU).
- Contraception d'urgence : pilule du lendemain (à prendre dans les 72 h après un rapport non protégé).
La prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) repose sur l'utilisation du préservatif. Les IST comprennent : VIH/sida, chlamydia, gonorrhée, syphilis, hépatite B, HPV.
Méthode et conseils pour réussir en SVT Seconde
- Maîtrisez le vocabulaire scientifique : ADN, allèle, mutation, autotrophe, hétérotrophe, photosynthèse, respiration, écosystème, biodiversité.
- Faites des schémas : cellule eucaryote/procaryote, double hélice d'ADN, cycle des roches, appareil cardiovasculaire, cycle menstruel. Les schémas sont valorisés dans les évaluations.
- Reliez les connaissances entre thèmes : le métabolisme (thème 1) est lié à l'alimentation et la santé (thème 3) ; la biodiversité (thème 1) est menacée par les agrosystèmes (thème 2).
- Développez l'esprit critique : analysez des données expérimentales, distinguez corrélation et causalité.
- Utilisez EduFiche pour générer des fiches synthétiques par chapitre et vous entraîner efficacement.