Fiches de révision psychologie L1 : psychologie cognitive, développementale, sociale, clinique, biologique et méthodologie de recherche. Programme complet licence 1.
La première année de licence en psychologie (L1) offre un panorama complet de la discipline à travers ses grands domaines : introduction et histoire de la psychologie, psychologie du développement, psychologie cognitive, psychologie sociale, psychologie clinique et psychopathologie, psychologie biologique (neurosciences) et méthodologie de recherche. Cette fiche synthétise l'ensemble du programme avec les théories fondamentales, les expériences classiques et les chercheurs à connaître.
La psychologie se définit comme l'étude scientifique du comportement et des processus mentaux. Elle s'est constituée en discipline autonome à la fin du XIXe siècle en se séparant de la philosophie.
Wilhelm Wundt (1832-1920) est considéré comme le père fondateur de la psychologie expérimentale. Il crée le premier laboratoire de psychologie à l'université de Leipzig en 1879. Sa méthode, l'introspection analytique, consiste à demander aux sujets de décrire leurs expériences conscientes de manière systématique. Wundt développe le structuralisme, qui vise à décomposer la conscience en ses éléments fondamentaux (sensations, sentiments, images mentales).
William James (1842-1910), psychologue américain, propose le fonctionnalisme : plutôt que de décomposer la conscience, il faut comprendre sa fonction adaptative. Inspiré par Darwin, James considère que les processus mentaux ont évolué pour aider les organismes à s'adapter à leur environnement. Son ouvrage Principles of Psychology (1890) reste une référence majeure.
La psychanalyse — Sigmund Freud (1856-1939). Freud propose un modèle de l'appareil psychique en trois instances : le Ça (pulsions inconscientes, principe de plaisir), le Moi (médiateur entre le Ça et la réalité, principe de réalité) et le Surmoi (intériorisation des normes morales et parentales). Le développement psychosexuel passe par cinq stades : oral, anal, phallique, latence, génital. Les mécanismes de défense (refoulement, projection, sublimation, déni, déplacement, rationalisation) protègent le Moi contre l'angoisse. La méthode clinique freudienne repose sur l'association libre, l'analyse des rêves et le transfert. La psychanalyse a profondément influencé la psychologie clinique, la culture et les arts, malgré les critiques épistémologiques sur sa scientificité (Karl Popper : la psychanalyse n'est pas réfutable, donc pas scientifique au sens poppérien).
Le béhaviorisme : courant fondé par John B. Watson (1878-1958) en réaction à l'introspection. Watson affirme que la psychologie doit se limiter à l'étude du comportement observable et mesurable, en excluant les processus mentaux internes. B.F. Skinner (1904-1990) développe le conditionnement opérant : le comportement est contrôlé par ses conséquences. Un renforcement positif (ajout d'un stimulus agréable) ou négatif (retrait d'un stimulus désagréable) augmente la probabilité du comportement. Une punition la diminue. Le conditionnement classique, découvert par Ivan Pavlov (1849-1936), est l'association d'un stimulus neutre (cloche) à un stimulus inconditionnel (nourriture) pour produire une réponse conditionnée (salivation). Expérience célèbre : les chiens de Pavlov.
La révolution cognitive (années 1950-1960) : réaction contre le béhaviorisme, réintroduction de l'étude des processus mentaux (mémoire, attention, langage, raisonnement). Influences clés : la théorie de l'information (Shannon), la linguistique générative de Noam Chomsky (critique de Skinner sur l'acquisition du langage), le développement de l'informatique et la métaphore de l'esprit comme système de traitement de l'information. George Miller (1956) publie « The Magical Number Seven, Plus or Minus Two », montrant les limites de la mémoire de travail. Ulric Neisser publie Cognitive Psychology (1967), ouvrage fondateur du courant cognitiviste.
La psychologie humaniste (Abraham Maslow, Carl Rogers) — « troisième force » entre la psychanalyse et le béhaviorisme. Focus sur le potentiel humain, l'accomplissement de soi, la pyramide des besoins de Maslow (besoins physiologiques, sécurité, appartenance, estime, réalisation de soi).
La psychologie du développement étudie les changements cognitifs, affectifs et sociaux tout au long de la vie, avec un accent particulier sur l'enfance et l'adolescence en L1.
Piaget est le fondateur de l'épistémologie génétique. Il décrit le développement de l'intelligence comme une succession de quatre stades :
Stade sensorimoteur (0-2 ans) : le bébé connaît le monde à travers ses sens et ses actions motrices. Acquisition majeure : la permanence de l'objet (l'objet continue d'exister même quand il n'est plus visible), qui s'acquiert progressivement entre 8 et 12 mois.
Stade préopératoire (2-7 ans) : développement du langage et de la pensée symbolique. Caractéristiques : égocentrisme (l'enfant ne peut adopter le point de vue d'autrui — test des « trois montagnes »), centration (focalisation sur un seul aspect d'une situation), non-conservation (l'enfant ne comprend pas que la quantité reste la même malgré un changement d'apparence — expérience des verres d'eau de Piaget).
Stade des opérations concrètes (7-11 ans) : l'enfant acquiert la réversibilité de la pensée et la conservation (quantité, nombre, volume). Il peut classer, sérier et raisonner logiquement sur des objets concrets, mais pas encore sur des hypothèses abstraites.
Stade des opérations formelles (à partir de 11-12 ans) : pensée hypothético-déductive, raisonnement abstrait, capacité à envisager toutes les combinaisons possibles. L'adolescent peut raisonner sur des propositions purement logiques sans support concret.
Mécanismes fondamentaux : l'assimilation (intégrer une nouvelle information dans un schème existant) et l'accommodation (modifier un schème pour intégrer une information qui ne correspond pas aux schèmes existants). L'équilibration est le processus dynamique qui pousse l'enfant à passer d'un stade au suivant.
Vygotsky conteste l'approche individualiste de Piaget et met l'accent sur le rôle de l'interaction sociale et de la culture dans le développement cognitif. Concept central : la zone proximale de développement (ZPD), qui est l'écart entre ce que l'enfant peut faire seul et ce qu'il peut faire avec l'aide d'un adulte ou d'un pair plus compétent. L'étayage (scaffolding) désigne le soutien temporaire apporté par l'adulte, progressivement retiré à mesure que l'enfant gagne en autonomie. Pour Vygotsky, le langage est d'abord un outil social qui devient ensuite un outil de pensée intérieure (langage intérieur).
John Bowlby (1907-1990) propose la théorie de l'attachement : le nourrisson a un besoin inné de maintenir une proximité avec une figure d'attachement (généralement la mère) pour assurer sa survie. L'attachement se développe durant les premières années de vie et influence profondément les relations sociales futures (modèles internes opérants).
Mary Ainsworth (1913-1999) développe la procédure de la Situation étrange (Strange Situation, 1970) pour évaluer le type d'attachement :
Erikson (1902-1994) prolonge Freud en proposant huit stades psychosociaux couvrant toute la vie. Chaque stade est caractérisé par une crise à résoudre : confiance vs méfiance (0-1 an), autonomie vs honte (1-3 ans), initiative vs culpabilité (3-6 ans), compétence vs infériorité (6-12 ans), identité vs confusion des rôles (adolescence), intimité vs isolement (jeune adulte), générativité vs stagnation (adulte), intégrité vs désespoir (vieillesse).
La psychologie cognitive étudie les processus mentaux impliqués dans le traitement de l'information : perception, attention, mémoire, langage, raisonnement et résolution de problèmes.
Le modèle modal d'Atkinson et Shiffrin (1968) distingue trois registres :
Le modèle de la mémoire de travail de Baddeley (1974, révisé en 2000) remplace la MCT par un système plus complexe :
Types de mémoire à long terme (Tulving) :
L'oubli : courbe de l'oubli d'Ebbinghaus (déclin rapide puis plateau), théorie de l'interférence (proactive et rétroactive), théorie du déclin de la trace mnésique, oubli motivé (refoulement freudien).
Perception : processus d'interprétation des informations sensorielles. Approche ascendante (bottom-up, guidée par les données) vs descendante (top-down, guidée par les connaissances et attentes). Les lois de la Gestalt (proximité, similarité, continuité, clôture, figure-fond) décrivent comment le cerveau organise les informations visuelles en patterns cohérents.
Langage : Chomsky distingue la compétence linguistique (connaissance inconsciente des règles grammaticales) de la performance (usage effectif du langage). Le concept de grammaire universelle postule que tous les êtres humains possèdent une capacité innée d'acquérir le langage, quel que soit leur environnement linguistique.
La psychologie sociale étudie comment les pensées, les sentiments et les comportements des individus sont influencés par la présence réelle ou imaginée d'autrui.
Expérience des lignes d'Asch : un sujet doit comparer la longueur de lignes en présence de complices qui donnent unanimement une réponse fausse. Résultat : environ 75 % des sujets se conforment au moins une fois à la réponse erronée du groupe. Le taux de conformité augmente avec la taille du groupe (jusqu'à 3-4 personnes) et l'unanimité du groupe. Un seul allié dissident réduit fortement le conformisme. Asch distingue le conformisme informationnel (on croit le groupe mieux informé) du conformisme normatif (on veut être accepté par le groupe).
Expérience de Milgram : un sujet « enseignant » doit administrer des chocs électriques (fictifs) d'intensité croissante (15 à 450 volts) à un « apprenant » (complice) qui commet des erreurs. Un expérimentateur en blouse blanche ordonne de continuer. Résultat choquant : 65 % des sujets vont jusqu'au choc maximal de 450 volts, malgré les cris de douleur de l'apprenant. Facteurs influençant l'obéissance : proximité de la victime (↓ quand visible), proximité de l'autorité (↑ quand présente), prestige de l'institution, absence de modèle de désobéissance. L'expérience révèle l'état agentique : le sujet se perçoit comme un simple instrument de l'autorité et décharge sa responsabilité sur celle-ci.
La dissonance cognitive est le malaise psychologique ressenti lorsqu'un individu détient simultanément deux cognitions contradictoires (croyances, attitudes, comportements). Pour réduire cette tension, l'individu peut : modifier sa croyance, modifier son comportement, ajouter une cognition consonante ou minimiser l'importance de la dissonance. Expérience classique de Festinger et Carlsmith (1959) : des sujets rémunérés 1 $ pour mentir sur l'intérêt d'une tâche ennuyeuse changent davantage d'attitude (trouvent la tâche plus intéressante) que ceux rémunérés 20 $, car la faible rémunération ne justifie pas suffisamment le mensonge (dissonance forte → changement d'attitude).
Les stéréotypes sont des croyances généralisées sur les caractéristiques d'un groupe social. Les préjugés sont des attitudes (souvent négatives) envers un groupe. La discrimination est le comportement effectif de traitement différencié. La catégorisation sociale (Tajfel) est le processus cognitif par lequel on classe les individus en groupes (endogroupe vs exogroupe), ce qui favorise le biais de favoritisme endogroupe et les stéréotypes. L'expérience des groupes minimaux de Tajfel (1971) montre que la simple catégorisation arbitraire (même aléatoire) suffit à engendrer un favoritisme envers son propre groupe.
Le DSM (actuellement DSM-5-TR, publié par l'APA — American Psychiatric Association) est le système de classification de référence pour les troubles mentaux. Il utilise une approche catégorielle (chaque trouble est défini par un ensemble de critères diagnostiques spécifiques) et athéorique (description des symptômes sans postuler de cause). Critique : la frontière entre normal et pathologique est parfois floue, et la classification peut favoriser l'étiquetage et la médicalisation excessive.
Les troubles anxieux sont les troubles mentaux les plus fréquents. Ils incluent :
Trouble psychotique chronique caractérisé par :
Le neurone est l'unité fonctionnelle du système nerveux. Structure : corps cellulaire (noyau, synthèse des protéines), dendrites (réception des signaux), axone (conduction de l'influx nerveux), terminaisons synaptiques (transmission aux autres neurones). Le potentiel d'action est un signal électrique « tout-ou-rien » qui se propage le long de l'axone grâce aux canaux ioniques (sodium Na+ et potassium K+). La gaine de myéline accélère la conduction par propagation saltatoire.
La synapse est la zone de communication entre deux neurones. Le neurone présynaptique libère des neurotransmetteurs dans la fente synaptique. Ces molécules se fixent sur les récepteurs du neurone postsynaptique, provoquant une excitation (PPSE) ou une inhibition (PPSI).
Principaux neurotransmetteurs :
L'expérience est la méthode de référence en psychologie scientifique. Elle permet d'établir des relations de cause à effet. Éléments clés :
Principes éthiques fondamentaux :
| Chercheur | Expérience / Concept | Domaine |
|---|---|---|
| Wundt (1879) | Premier laboratoire de psychologie | Histoire |
| Pavlov | Conditionnement classique (chiens) | Béhaviorisme |
| Skinner | Conditionnement opérant (boîte de Skinner) | Béhaviorisme |
| Piaget | 4 stades du développement cognitif | Développement |
| Vygotsky | Zone proximale de développement | Développement |
| Bowlby / Ainsworth | Théorie de l'attachement / Situation étrange | Développement |
| Atkinson-Shiffrin | Modèle modal de la mémoire | Cognitive |
| Baddeley | Mémoire de travail | Cognitive |
| Asch (1951) | Conformisme (expérience des lignes) | Sociale |
| Milgram (1963) | Obéissance à l'autorité (chocs électriques) | Sociale |
| Festinger (1957) | Dissonance cognitive | Sociale |
| Tajfel (1971) | Groupes minimaux, catégorisation sociale | Sociale |