Fiches de révision économie L1 : microéconomie, macroéconomie, histoire de la pensée économique, statistiques et méthodologie. Programme complet licence 1.
La première année de licence en économie (L1) constitue le socle fondamental de la formation d'économiste. Elle articule quatre grands blocs d'enseignement : la microéconomie, la macroéconomie, l'histoire de la pensée économique et les outils quantitatifs (statistiques, mathématiques appliquées, méthodologie). Cette fiche synthétise l'ensemble du programme dans une perspective de révision efficace, en insistant sur les concepts clés, les formules à maîtriser et les raisonnements fondamentaux.
La microéconomie étudie les décisions des agents économiques individuels (consommateurs, entreprises) et la manière dont leurs interactions déterminent les prix et les quantités échangées sur les marchés.
Le consommateur rationnel cherche à maximiser son utilité sous contrainte budgétaire. L'utilité est une mesure de la satisfaction retirée de la consommation de biens et de services.
Fonction d'utilité : U(x, y) représente la satisfaction obtenue en consommant les quantités x et y de deux biens. Les hypothèses fondamentales sont la complétude, la transitivité et la non-satiété des préférences.
Courbes d'indifférence : ensemble des combinaisons de biens qui procurent le même niveau d'utilité. Elles sont décroissantes, convexes et ne se croisent jamais. Le taux marginal de substitution (TMS) mesure la quantité de bien y que le consommateur est prêt à sacrifier pour obtenir une unité supplémentaire de bien x, à utilité constante :
TMS(x,y) = - dy/dx = Umx / Umy
où Umx et Umy sont les utilités marginales des biens x et y.
Contrainte budgétaire : R = px · x + py · y, où R est le revenu, px et py les prix des biens x et y. La droite de budget a pour pente -px/py.
Optimum du consommateur : le point de tangence entre la courbe d'indifférence la plus élevée et la droite de budget. À l'optimum : TMS = px/py, soit Umx/px = Umy/py. C'est la loi d'égalisation des utilités marginales pondérées par les prix.
Effets revenu et substitution (décomposition de Slutsky) : quand le prix d'un bien baisse, deux effets jouent simultanément. L'effet substitution pousse à consommer davantage du bien devenu relativement moins cher. L'effet revenu traduit le fait que le pouvoir d'achat réel augmente. Pour un bien normal, les deux effets vont dans le même sens. Pour un bien de Giffen (cas théorique), l'effet revenu domine et la demande diminue quand le prix baisse.
L'entreprise cherche à maximiser son profit (π = RT - CT) ou, de manière équivalente, à minimiser ses coûts pour un niveau de production donné.
Fonction de production : Q = f(K, L), où K est le capital et L le travail. La fonction Cobb-Douglas est la plus courante : Q = A · K^α · L^β. Si α + β = 1, les rendements d'échelle sont constants ; si α + β > 1, ils sont croissants ; si α + β < 1, ils sont décroissants.
Productivité marginale : la productivité marginale du travail (PmL) est la production supplémentaire obtenue en ajoutant une unité de travail, le capital étant fixe : PmL = ∂Q/∂L. La loi des rendements décroissants stipule qu'au-delà d'un certain seuil, la productivité marginale d'un facteur décroît quand on augmente ce facteur, l'autre étant fixe.
Coûts de production :
Maximisation du profit : l'entreprise produit jusqu'au point où Cm = Rm (recette marginale). En concurrence pure et parfaite, Rm = prix du marché, donc la condition est Cm = p.
Loi de la demande : la quantité demandée est une fonction décroissante du prix (toutes choses égales par ailleurs). Qd = f(p), avec f'(p) < 0.
Loi de l'offre : la quantité offerte est une fonction croissante du prix. Qo = g(p), avec g'(p) > 0.
Équilibre de marché : le prix et la quantité d'équilibre sont déterminés par l'intersection de l'offre et de la demande : Qd(p*) = Qo(p*).
Élasticité-prix de la demande : mesure la sensibilité de la demande à une variation de prix.
Ed = (ΔQd/Qd) / (Δp/p) = (dQd/dp) · (p/Qd)
Si |Ed| > 1, la demande est élastique ; si |Ed| < 1, elle est inélastique ; si |Ed| = 1, elle est unitaire.
Élasticité-revenu : Er = (dQd/dR) · (R/Qd). Bien normal : Er > 0. Bien inférieur : Er < 0. Bien de luxe : Er > 1.
Surplus du consommateur : différence entre le prix maximum que le consommateur est prêt à payer et le prix effectivement payé. Surplus du producteur : différence entre le prix reçu et le coût marginal de production. L'équilibre concurrentiel maximise le surplus total (théorème fondamental de l'économie du bien-être).
Concurrence pure et parfaite (CPP) — cinq conditions : atomicité (nombreux acheteurs et vendeurs), homogénéité du produit, libre entrée et sortie, transparence de l'information, mobilité des facteurs. L'entreprise est price-taker : elle subit le prix du marché. À long terme, le profit économique est nul.
Monopole : un seul producteur. Le monopoleur est price-maker et fixe le prix en fonction de la courbe de demande. À l'optimum du monopole : Rm = Cm, avec Rm < p. Le monopole engendre une perte sèche (deadweight loss) car il produit moins qu'en concurrence parfaite et à un prix plus élevé. Sources de monopole : monopole naturel (coûts fixes très élevés), brevet, monopole légal.
Concurrence monopolistique (Chamberlin) : nombreuses entreprises vendant des produits différenciés. Chaque entreprise dispose d'un certain pouvoir de marché grâce à la différenciation (marque, qualité, localisation). Exemples : restauration, habillement.
Oligopole : petit nombre de producteurs interdépendants. Modèle de Cournot (concurrence en quantités), modèle de Bertrand (concurrence en prix), modèle de Stackelberg (leader-suiveur). La théorie des jeux (dilemme du prisonnier, équilibre de Nash) est essentielle pour analyser les comportements stratégiques en oligopole.
La macroéconomie étudie les phénomènes économiques à l'échelle d'un pays ou d'une zone économique : production globale, emploi, inflation, politiques économiques.
Produit Intérieur Brut (PIB) : mesure de la production totale de biens et services marchands réalisée sur un territoire pendant une période donnée. Trois approches de calcul :
PIB nominal vs PIB réel : le PIB nominal est évalué aux prix courants, le PIB réel aux prix constants (base 100 d'une année de référence). Le déflateur du PIB = (PIB nominal / PIB réel) × 100.
Taux de croissance du PIB : g = (PIBt - PIBt-1) / PIBt-1 × 100.
Inflation : hausse généralisée et durable du niveau général des prix. Mesurée par l'indice des prix à la consommation (IPC).
Causes de l'inflation :
Équation de Fisher : MV = PQ, où M = masse monétaire, V = vitesse de circulation de la monnaie, P = niveau général des prix, Q = production réelle. Si V et Q sont constants, une hausse de M entraîne une hausse proportionnelle de P.
Taux d'intérêt réel : r = i - π, où i est le taux d'intérêt nominal et π le taux d'inflation (relation de Fisher).
Taux de chômage = (nombre de chômeurs / population active) × 100.
Types de chômage :
Courbe de Phillips : relation empirique inverse entre le taux de chômage et le taux d'inflation. À court terme, une politique de relance fait baisser le chômage mais augmente l'inflation. Friedman et Phelps ont montré qu'à long terme, cette relation disparaît (courbe de Phillips verticale au taux de chômage naturel). Le concept de NAIRU (Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment) désigne le taux de chômage compatible avec une inflation stable.
Politique budgétaire : action de l'État sur les dépenses publiques (G) et les recettes fiscales (T) pour influencer l'activité économique.
Politique monétaire : action de la banque centrale sur les taux d'intérêt et la masse monétaire.
Le modèle IS-LM est le cadre d'analyse keynésien standard pour comprendre l'interaction entre le marché des biens et services et le marché monétaire.
Courbe IS (Investment-Saving) : ensemble des combinaisons (Y, r) qui assurent l'équilibre sur le marché des biens : Y = C(Y-T) + I(r) + G. La courbe IS est décroissante : une baisse du taux d'intérêt r stimule l'investissement I, ce qui augmente le revenu Y.
Courbe LM (Liquidity preference-Money supply) : ensemble des combinaisons (Y, r) qui assurent l'équilibre sur le marché monétaire : M/P = L(Y, r), où L est la demande de monnaie (motifs de transaction, de précaution et de spéculation selon Keynes). La courbe LM est croissante : une hausse de Y augmente la demande de monnaie pour transactions, ce qui fait monter le taux d'intérêt.
Équilibre IS-LM : intersection des courbes IS et LM → détermination simultanée du revenu d'équilibre Y* et du taux d'intérêt d'équilibre r*.
Politique budgétaire dans IS-LM : une hausse de G déplace IS vers la droite → Y et r augmentent. La hausse de r freine partiellement l'investissement privé : c'est l'effet d'éviction (crowding out).
Politique monétaire dans IS-LM : une hausse de M déplace LM vers la droite → Y augmente et r baisse → stimulation de l'investissement.
Trappe à liquidité : quand r est très faible, LM est horizontale et la politique monétaire devient inefficace (les agents préfèrent détenir de la monnaie plutôt que des obligations). Seule la politique budgétaire est alors efficace. Concept clé pour comprendre les politiques de quantitative easing post-2008.
Adam Smith (1723-1790) — Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776). Père fondateur de l'économie politique. Concepts clés : la main invisible (la poursuite de l'intérêt individuel conduit, via le marché, à l'intérêt collectif), la division du travail (spécialisation des tâches → gains de productivité, exemple de la manufacture d'épingles), le libre-échange comme moteur de la prospérité.
David Ricardo (1772-1823) — Des principes de l'économie politique et de l'impôt (1817). Théorie de l'avantage comparatif : même si un pays est moins efficace que ses partenaires dans la production de tous les biens, il a intérêt à se spécialiser dans la production du bien pour lequel il est le moins désavantagé. Théorie de la rente différentielle : les terres les plus fertiles génèrent une rente pour leurs propriétaires.
Thomas Malthus (1766-1834) — Essai sur le principe de population (1798). La population croît de façon géométrique tandis que les ressources alimentaires croissent de façon arithmétique → risque de surpopulation et de famine. Le « piège malthusien » a été contredit par la révolution industrielle et le progrès technique, mais reste discuté dans le contexte des limites écologiques.
Jean-Baptiste Say (1767-1832) — Loi des débouchés (loi de Say) : « L'offre crée sa propre demande. » La production génère des revenus qui permettent d'absorber la production elle-même. Il ne peut donc y avoir de crise de surproduction généralisée. Keynes contestera frontalement cette loi.
Le Capital (1867). Analyse critique du capitalisme fondée sur la théorie de la valeur-travail : la valeur d'une marchandise est déterminée par le temps de travail socialement nécessaire à sa production. Le capitaliste extrait la plus-value en payant le travailleur moins que la valeur qu'il produit. Concepts clés : exploitation, accumulation du capital, baisse tendancielle du taux de profit, lutte des classes, aliénation. Marx prédit la chute inévitable du capitalisme sous le poids de ses contradictions internes.
Révolution marginaliste (années 1870) : Jevons, Menger, Walras fondent l'analyse économique sur le concept d'utilité marginale décroissante. Le prix d'un bien reflète non pas le travail nécessaire à sa production (contrairement aux classiques et à Marx), mais l'utilité de la dernière unité consommée. Léon Walras développe le modèle d'équilibre général : l'ensemble des marchés sont interdépendants et un commissaire-priseur fictif (le « crieur walrasien ») ajuste les prix jusqu'à l'équilibre simultané de tous les marchés.
Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936). Réponse à la Grande Dépression de 1929. Keynes conteste la loi de Say et montre que l'économie peut se trouver en équilibre de sous-emploi : la demande globale peut être insuffisante pour assurer le plein emploi. Concepts clés :
Leader de l'école de Chicago. Friedman conteste le keynésianisme et réhabilite les mécanismes de marché. Thèses principales :
Nouvelle économie classique (Lucas, Sargent) : anticipations rationnelles — les agents utilisent toute l'information disponible pour anticiper les politiques économiques, ce qui rend les politiques de relance systématiquement inefficaces. Nouvelle économie keynésienne (Mankiw, Stiglitz) : les rigidités nominales (salaires, prix) justifient l'intervention publique même avec des anticipations rationnelles. Économie institutionnelle (North, Coase) : le rôle des institutions (droits de propriété, contrats, État de droit) dans la performance économique.
L'économie est une science sociale qui utilise à la fois des méthodes déductives (construction de modèles théoriques à partir d'hypothèses) et inductives (observations empiriques, données statistiques). Distinction entre économie positive (ce qui est : analyse factuelle) et économie normative (ce qui devrait être : jugements de valeur). L'économétrie permet de tester les théories économiques à l'aide de données réelles (régressions linéaires, séries temporelles, données de panel).
| Concept | Formule |
|---|---|
| Utilité marginale | Umx = ∂U/∂x |
| TMS | TMS = Umx / Umy |
| Contrainte budgétaire | R = px·x + py·y |
| Coût marginal | Cm = dCT/dQ |
| Élasticité-prix | Ed = (dQd/dp)·(p/Qd) |
| PIB (demande) | Y = C + I + G + (X - M) |
| Multiplicateur keynésien | k = 1/(1 - c) |
| Équation de Fisher | MV = PQ |
| Taux d'intérêt réel | r = i - π |
| Taux de chômage | u = chômeurs / pop. active × 100 |