Programme officiel de Français Première — Épreuve anticipée de français (EAF) 2025-2026
L'épreuve anticipée de français (EAF) est l'un des moments clés de la scolarité au lycée. Passée en fin de classe de Première, elle porte sur l'ensemble du programme de français et évalue la capacité des élèves à analyser des textes littéraires, à construire une argumentation structurée et à s'exprimer à l'oral avec clarté et précision. Le programme s'articule autour de quatre objets d'étude qui couvrent les grands genres littéraires, du Moyen Âge au XXIe siècle. Chaque objet d'étude est associé à des œuvres intégrales et des parcours associés renouvelés régulièrement par le Bulletin officiel.
Cette fiche de révision couvre de manière exhaustive les quatre objets d'étude, les figures de style indispensables, les mouvements littéraires majeurs et la méthodologie complète pour le commentaire composé, la dissertation et l'oral.
Objet d'étude 1 : La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle
Enjeux et problématiques
La poésie est un genre qui interroge le rapport entre le langage et le monde. Du romantisme au surréalisme, les poètes ont exploré les possibilités expressives de la langue pour dire l'émotion, le rêve, la révolte ou la beauté. L'étude de cet objet vise à comprendre comment la poésie renouvelle le regard sur le réel et comment les formes poétiques évoluent au fil des siècles.
Les formes poétiques essentielles
- Le sonnet : Forme fixe de 14 vers (deux quatrains et deux tercets), popularisée par Pétrarque puis Du Bellay et Ronsard au XVIe siècle. Baudelaire et Rimbaud en renouvellent l'usage au XIXe siècle. Le sonnet impose une contrainte formelle qui favorise la densité du propos et la chute en fin de poème.
- Le vers libre : Apparu à la fin du XIXe siècle avec Rimbaud et Laforgue, le vers libre abandonne la métrique régulière et la rime obligatoire. Il permet une plus grande liberté rythmique et traduit souvent une vision moderne du monde.
- La prose poétique : Initiée par Aloysius Bertrand (Gaspard de la Nuit, 1842) et développée par Baudelaire (Le Spleen de Paris, 1869), elle supprime le vers tout en conservant les procédés poétiques (images, rythme, musicalité).
- Le calligramme : Inventé par Apollinaire, il fait du poème un dessin. Le texte forme une image en lien avec le sujet du poème, fusionnant forme visuelle et sens.
Les mouvements poétiques
- Le Romantisme (1820-1850) : Le poète exprime le « moi » lyrique, les sentiments intimes, la mélancolie, la communion avec la nature. Auteurs : Victor Hugo (Les Contemplations), Lamartine (Méditations poétiques), Musset.
- Le Parnasse (1860-1870) : Réaction contre l'effusion romantique, recherche de la perfection formelle (« l'Art pour l'Art »). Auteurs : Leconte de Lisle, Théophile Gautier, Heredia.
- Le Symbolisme (1870-1900) : Le poète suggère plutôt qu'il ne décrit. Les symboles, la musicalité et les correspondances sensorielles traduisent un monde invisible. Auteurs : Baudelaire (précurseur), Verlaine (Romances sans paroles), Mallarmé, Rimbaud (Illuminations).
- Le Surréalisme (1920-1940) : Exploration de l'inconscient, écriture automatique, images inattendues. Auteurs : André Breton (Nadja), Paul Éluard (Capitale de la douleur), Louis Aragon, Robert Desnos.
Figures de style essentielles en poésie
- Métaphore : Comparaison sans outil de comparaison. Ex. : « Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage » (Baudelaire).
- Comparaison : Rapprochement de deux éléments avec un outil (comme, tel, pareil à). Ex. : « La terre est bleue comme une orange » (Éluard).
- Anaphore : Répétition d'un mot ou groupe de mots en début de vers ou de phrase. Ex. : « Ni vu ni connu / Ni fleurs ni couronnes » crée un effet d'insistance.
- Allitération : Répétition de sons consonantiques. Ex. : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine) — allitération en [s].
- Assonance : Répétition de sons vocaliques. Ex. : « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant » (Verlaine) — assonance en [ã].
- Enjambement : Le sens d'un vers déborde sur le vers suivant, créant un effet de continuité ou de surprise.
- Césure : Pause rythmique au milieu d'un vers, notamment dans l'alexandrin (après la 6e syllabe). Hugo transgresse la césure classique pour moderniser le vers.
- Personnification : Attribution de caractéristiques humaines à un objet ou une idée. Ex. : « La nature est un temple où de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles » (Baudelaire, Correspondances).
Auteurs clés et œuvres
- Charles Baudelaire — Les Fleurs du Mal (1857) : recueil fondateur de la modernité poétique. Thèmes : le spleen, l'idéal, la beauté, la ville, la dualité de l'être.
- Arthur Rimbaud — Poésies et Une Saison en enfer (1873) : le « voyant » qui révolutionne le langage poétique dès l'adolescence. Dérèglement des sens, synesthésies.
- Guillaume Apollinaire — Alcools (1913) : pont entre tradition et avant-garde. Suppression de la ponctuation, thèmes de la modernité urbaine et de l'amour.
- Paul Éluard — Capitale de la douleur (1926) : poésie surréaliste de l'amour et de la liberté.
Objet d'étude 2 : La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle
Enjeux et problématiques
Cet objet d'étude explore la manière dont les écrivains utilisent la littérature pour défendre des idées, critiquer la société et questionner la condition humaine. De l'humanisme de la Renaissance aux Lumières du XVIIIe siècle, les auteurs développent des stratégies argumentatives variées pour convaincre, persuader ou délibérer.
L'Humanisme (XVIe siècle)
L'Humanisme place l'homme au centre de la réflexion. Il valorise le savoir, l'éducation, la tolérance et la curiosité intellectuelle.
- Michel de Montaigne — Essais (1580-1595) : Montaigne invente le genre de l'essai. Il prône le doute, la connaissance de soi (« Que sais-je ? ») et la tolérance envers les autres cultures (chapitre « Des Cannibales »). Son écriture est introspective et digressive.
- François Rabelais — Gargantua (1534) et Pantagruel (1532) : Romans satiriques qui défendent l'éducation humaniste contre la scolastique médiévale. Le rire est une arme critique.
- Érasme — Éloge de la Folie (1511) : satire des travers humains et des abus de l'Église.
Les Lumières (XVIIIe siècle)
Le mouvement des Lumières combat l'obscurantisme, l'intolérance et les injustices par la raison et le savoir. Les philosophes utilisent tous les genres littéraires pour diffuser leurs idées.
- Voltaire — Candide (1759) : conte philosophique qui dénonce l'optimisme naïf de Leibniz, la guerre, l'esclavage et le fanatisme religieux. L'ironie voltairienne est une arme redoutable. Traité sur la tolérance (1763) : plaidoyer pour la liberté de conscience après l'affaire Calas.
- Jean-Jacques Rousseau — Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755) : l'état de nature comme hypothèse pour critiquer la société civile. Du Contrat social (1762) : fondement de la souveraineté populaire.
- Montesquieu — Lettres persanes (1721) : roman épistolaire qui utilise le regard étranger pour critiquer la société française. De l'esprit des lois (1748) : théorie de la séparation des pouvoirs.
- Denis Diderot — Encyclopédie (1751-1772) : projet collectif monumental visant à rassembler et diffuser toutes les connaissances. Supplément au voyage de Bougainville (1772) : dialogue philosophique qui questionne les notions de nature et de civilisation.
Les genres argumentatifs
- L'essai : Texte en prose qui développe une réflexion personnelle sur un sujet (Montaigne).
- Le conte philosophique : Récit fictif court qui illustre une thèse philosophique par le biais d'une histoire divertissante (Voltaire, Candide, Zadig, Micromégas).
- La lettre ouverte : Texte adressé à un destinataire identifié mais rendu public pour interpeller l'opinion. Ex. : Voltaire, Lettre sur les aveugles (Diderot).
- L'utopie : Description d'une société idéale qui sert de critique indirecte de la société réelle. Ex. : Thomas More (Utopia, 1516), l'abbaye de Thélème chez Rabelais.
- Le dialogue philosophique : Échange argumenté entre deux personnages qui permet d'exposer des thèses contradictoires. Ex. : Diderot, Le Neveu de Rameau.
Stratégies argumentatives
- Convaincre : S'adresser à la raison par des arguments logiques, des exemples, des faits.
- Persuader : S'adresser aux émotions et aux sentiments pour emporter l'adhésion (figures de style, récit pathétique, appel aux valeurs).
- Délibérer : Peser le pour et le contre avant de prendre position (dialogue intérieur ou entre personnages).
Registres
- Polémique : Ton agressif, interpellation directe, vocabulaire péjoratif pour attaquer un adversaire.
- Satirique : Critique par le rire, la moquerie, la caricature.
- Ironique : Dire le contraire de ce que l'on pense pour dénoncer (arme privilégiée de Voltaire).
- Didactique : Ton pédagogique visant à instruire le lecteur.
Objet d'étude 3 : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Enjeux et problématiques
Le roman est le genre littéraire le plus divers et le plus évolutif. De la chanson de geste médiévale au nouveau roman du XXe siècle, il explore la condition humaine à travers la fiction narrative. L'étude de cet objet vise à comprendre comment le romancier crée un univers fictif, construit des personnages et porte un regard sur le monde.
L'évolution du genre romanesque
- Moyen Âge : Romans de chevalerie (Chrétien de Troyes, Yvain ou le Chevalier au lion). Le héros accomplit des prouesses pour conquérir honneur et amour.
- XVIIe siècle : La Princesse de Clèves (Madame de Lafayette, 1678), considéré comme le premier roman d'analyse psychologique français. Le roman devient exploration de l'intériorité.
- XVIIIe siècle : Le roman se diversifie — roman épistolaire (Les Liaisons dangereuses, Laclos, 1782), roman philosophique (Jacques le Fataliste, Diderot).
- XIXe siècle : Âge d'or du roman avec le réalisme et le naturalisme.
- XXe siècle : Remise en question du roman traditionnel avec le Nouveau Roman (Robbe-Grillet, Sarraute, Butor).
Le réalisme et le naturalisme
- Balzac — Le Père Goriot (1835), La Comédie humaine : ambition de faire concurrence à l'état civil. Description minutieuse de la société, types sociaux, argent comme moteur des relations humaines.
- Flaubert — Madame Bovary (1857) : roman de la désillusion. Le style indirect libre permet de fondre la voix du narrateur et celle du personnage. L'impersonnalité du narrateur est un choix esthétique.
- Zola — Les Rougon-Macquart (20 romans) : naturalisme, roman expérimental. L'hérédité et le milieu social déterminent le destin des personnages. Ex. : Germinal (1885) décrit la condition ouvrière dans les mines du Nord.
- Maupassant — Nouvelles réalistes et naturalistes (Boule de Suif, Bel-Ami). Concision du style, chute inattendue.
Les outils d'analyse narrative
- Le narrateur : Celui qui raconte l'histoire. Il peut être un personnage du récit (narrateur intradiégétique) ou extérieur à l'histoire (extradiégétique).
- La focalisation :
- Interne : Le lecteur perçoit l'histoire à travers le regard et les pensées d'un personnage. Crée un effet de subjectivité.
- Externe : Le narrateur se limite à ce qu'un observateur extérieur pourrait percevoir. Crée un effet d'objectivité ou de mystère.
- Omnisciente (ou zéro) : Le narrateur sait tout des personnages, y compris leurs pensées les plus intimes. Crée un effet de maîtrise totale du récit.
- Le personnage :
- Le héros : Personnage principal doté de qualités exceptionnelles (courage, noblesse).
- L'anti-héros : Personnage ordinaire, parfois médiocre, qui suscite l'identification par ses faiblesses (ex. : Meursault dans L'Étranger de Camus).
- Le registre réaliste : Description précise du cadre, du milieu social, de l'apparence physique. Effet de vraisemblance.
- Le registre tragique : Le personnage est soumis à un destin inéluctable, à des forces qui le dépassent.
- Le registre pathétique : Le texte vise à susciter la compassion du lecteur face à la souffrance d'un personnage.
Objet d'étude 4 : Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle
Enjeux et problématiques
Le théâtre est un genre à la fois littéraire et spectaculaire : le texte est écrit pour être joué sur scène. L'étude de cet objet vise à comprendre les spécificités de l'écriture dramatique et l'évolution des formes théâtrales.
La tragédie classique (XVIIe siècle)
La tragédie classique obéit à des règles strictes codifiées par les doctes :
- La règle des trois unités : unité d'action (une seule intrigue principale), unité de temps (l'action se déroule en 24 heures), unité de lieu (un seul lieu).
- La bienséance : Pas de violence ni de mort sur scène.
- La vraisemblance : L'action doit paraître crédible.
- La catharsis : Selon Aristote, la tragédie doit provoquer terreur et pitié pour purger les passions du spectateur.
Auteurs majeurs :
- Racine — Phèdre (1677) : la passion amoureuse interdite comme fatalité. Phèdre est consumée par un amour coupable pour son beau-fils Hippolyte. La langue racinienne est d'une musicalité et d'une pureté remarquables. Andromaque (1667) : chaîne amoureuse tragique où chaque personnage aime celui qui ne l'aime pas.
- Corneille — Le Cid (1637) : le dilemme cornélien entre l'honneur et l'amour. Rodrigue doit choisir entre venger son père et perdre Chimène. Horace (1640) : conflit entre devoir patriotique et liens familiaux.
La comédie (XVIIe-XVIIIe siècle)
- Molière — Le maître de la comédie classique. Ses pièces utilisent le rire pour corriger les vices humains (castigat ridendo mores).
- Le Misanthrope (1666) : satire de l'hypocrisie sociale.
- Tartuffe (1669) : dénonciation de l'hypocrisie religieuse.
- L'Avare (1668) : portrait comique de l'avarice.
- Types de comique : comique de gestes (coups de bâton, chutes), comique de mots (jeux de mots, quiproquos), comique de situation (retournements, surprises), comique de caractère (défauts exagérés), comique de répétition.
- Fonctions de la comédie : divertir, critiquer la société, corriger les mœurs par le rire.
Le drame romantique (XIXe siècle)
- Victor Hugo — Hernani (1830) et Ruy Blas (1838) : Hugo rejette les règles classiques dans la préface de Cromwell (1827). Le drame romantique mélange les genres (tragique et comique), les registres (sublime et grotesque) et refuse les unités de temps et de lieu. Il met en scène des héros passionnés en conflit avec la société.
Le théâtre de l'absurde (XXe siècle)
- Eugène Ionesco — La Cantatrice chauve (1950) : le langage perd son sens, les dialogues sont absurdes. Dénonciation de l'automatisme du langage quotidien. Rhinocéros (1959) : allégorie de la montée des totalitarismes.
- Samuel Beckett — En attendant Godot (1953) : deux personnages attendent indéfiniment un certain Godot qui ne vient jamais. Métaphore de l'absurdité de la condition humaine, de l'attente et du vide existentiel.
Les outils d'analyse théâtrale
- La double énonciation : Au théâtre, le personnage parle à la fois à un autre personnage et au public. Le spectateur en sait parfois plus que le personnage (ironie dramatique).
- Les didascalies : Indications scéniques (décor, gestes, ton) données par l'auteur. Elles prennent une importance croissante dans le théâtre moderne.
- L'aparté : Un personnage s'adresse au public sans être entendu des autres personnages sur scène.
- Le monologue : Un personnage seul sur scène exprime ses pensées, ses doutes, ses conflits intérieurs.
- La tirade : Long discours d'un personnage adressé à un autre, souvent argumentatif ou passionnel.
Méthodologie de l'épreuve écrite
Le commentaire composé
Le commentaire porte sur un texte hors programme. Il s'agit d'analyser la manière dont le texte produit du sens en s'appuyant sur les procédés littéraires.
Structure :
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Introduction :
- Amorce : contextualisation de l'auteur ou du mouvement littéraire.
- Présentation du texte : auteur, œuvre, date, genre, thème général.
- Problématique : question à laquelle le commentaire va répondre.
- Annonce du plan : 2 ou 3 axes de lecture.
-
Développement (2 à 3 parties) :
- Chaque axe comporte 2 à 3 sous-parties.
- Chaque argument s'appuie sur une citation précise du texte.
- On analyse le procédé littéraire (figure de style, champ lexical, rythme, structure) puis on en interprète l'effet de sens.
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Conclusion :
- Bilan des axes de lecture.
- Réponse à la problématique.
- Ouverture vers un autre texte ou une question plus large.
La dissertation
La dissertation porte sur l'une des œuvres au programme et son parcours associé. Il s'agit de construire une réflexion argumentée en mobilisant sa connaissance de l'œuvre.
Structure :
-
Introduction :
- Amorce, présentation du sujet, problématique, annonce du plan.
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Plan en 3 parties :
- Thèse : première réponse au sujet, en s'appuyant sur l'œuvre au programme.
- Antithèse : nuance ou contradiction, en mobilisant d'autres textes du parcours associé.
- Synthèse : dépassement qui propose une vision enrichie du problème.
-
Conclusion :
- Bilan argumenté, réponse à la problématique, ouverture.
La contraction de texte et l'essai (voie technologique)
- Contraction : Réduire un texte argumentatif au quart de sa longueur en conservant les idées essentielles et la structure logique.
- Essai : Développer une réflexion personnelle argumentée en lien avec le thème du texte contracté.
Méthodologie de l'oral
L'oral du bac de français se déroule en deux parties :
Partie 1 — Explication linéaire (12 minutes)
Le candidat présente une explication linéaire d'un extrait d'environ 20 lignes tiré de sa liste de textes étudiés en classe. Il doit :
- Situer le passage dans l'œuvre.
- Dégager le mouvement du texte (2 à 4 mouvements).
- Analyser le texte ligne par ligne en commentant les procédés littéraires et leurs effets.
- Répondre à une question de grammaire portant sur un passage du texte.
Partie 2 — Entretien sur l'œuvre choisie (8 minutes)
Le candidat présente brièvement l'œuvre intégrale qu'il a choisie parmi celles étudiées en classe, puis répond aux questions de l'examinateur :
- Justifier le choix de l'œuvre.
- En présenter les thèmes majeurs, les enjeux et son appréciation personnelle.
- Montrer une lecture personnelle et argumentée.
Temps de préparation : 30 minutes.