Fiches de révision SES Première : marché, monnaie, socialisation, déviance, opinion publique, protection sociale. Programme officiel 2025-2026.
Les Sciences Économiques et Sociales (SES) en classe de Première constituent une introduction rigoureuse aux trois disciplines fondamentales de la filière : la science économique, la sociologie et science politique, et les regards croisés. Le programme officiel 2025-2026 s'articule autour de dix chapitres qui posent les bases théoriques et méthodologiques indispensables pour la Terminale et le baccalauréat. Cette fiche de révision couvre l'intégralité du programme avec les mécanismes, auteurs, concepts et définitions à maîtriser.
Le marché est un lieu (réel ou virtuel) où se rencontrent l'offre et la demande d'un bien ou d'un service, aboutissant à la détermination d'un prix d'équilibre et d'une quantité d'équilibre. Le modèle du marché concurrentiel repose sur plusieurs hypothèses simplificatrices : atomicité des agents (nombreux acheteurs et vendeurs), homogénéité du produit, libre entrée et sortie du marché, transparence de l'information, mobilité des facteurs de production.
La courbe de demande est décroissante : lorsque le prix augmente, la quantité demandée diminue (toutes choses égales par ailleurs). Ce comportement s'explique par l'effet de substitution (les consommateurs se reportent vers des produits moins chers) et l'effet de revenu (la hausse du prix réduit le pouvoir d'achat réel). La courbe d'offre est croissante : lorsque le prix augmente, les producteurs sont incités à produire davantage car leur marge bénéficiaire s'accroît.
Le prix d'équilibre est celui qui égalise l'offre et la demande. À ce prix, il n'y a ni excès d'offre (surplus) ni excès de demande (pénurie). Si le prix est supérieur au prix d'équilibre, l'offre excède la demande : le prix baisse. Si le prix est inférieur, la demande excède l'offre : le prix monte. Ce mécanisme d'ajustement est ce qu'Adam Smith appelait la « main invisible » du marché.
Il est essentiel de distinguer un mouvement le long de la courbe (variation de la quantité due à un changement de prix) d'un déplacement de la courbe entière (modification des conditions d'offre ou de demande).
La courbe de demande se déplace vers la droite (hausse de la demande) lorsque le revenu des consommateurs augmente (pour un bien normal), lorsque le prix d'un bien substituable augmente, lorsque les goûts évoluent en faveur du produit, ou lorsque la population s'accroît. La courbe d'offre se déplace vers la droite (hausse de l'offre) lorsque les coûts de production baissent (progrès technique, baisse du prix des matières premières) ou lorsque de nouvelles entreprises entrent sur le marché.
Le surplus du consommateur est la différence entre le prix maximal qu'un consommateur serait prêt à payer et le prix effectivement payé. Le surplus du producteur est la différence entre le prix reçu et le coût de production minimal acceptable. Au prix d'équilibre concurrentiel, la somme des surplus est maximisée : le marché est efficace au sens de Pareto — il est impossible d'améliorer la situation d'un agent sans dégrader celle d'un autre.
L'élasticité-prix de la demande mesure la sensibilité de la quantité demandée à une variation du prix. Elle se calcule comme le rapport entre la variation en pourcentage de la quantité demandée et la variation en pourcentage du prix. Si l'élasticité est supérieure à 1 en valeur absolue, la demande est élastique (forte réactivité au prix) ; si elle est inférieure à 1, la demande est inélastique (faible réactivité). Les biens de première nécessité (pain, essence) ont généralement une demande inélastique. Les biens ayant de nombreux substituts ont une demande élastique.
L'élasticité a des implications importantes pour les producteurs : augmenter le prix d'un bien à demande inélastique accroît le chiffre d'affaires, tandis qu'augmenter le prix d'un bien à demande élastique le réduit.
En réalité, les conditions de la concurrence parfaite sont rarement réunies. On distingue trois principales structures de marché imparfaitement concurrentiel :
Le monopole : un seul producteur fait face à une multitude d'acheteurs. Le monopoleur est faiseur de prix (price maker) : il peut fixer un prix supérieur au coût marginal, ce qui réduit la quantité produite et génère une perte sèche pour la collectivité (inefficacité allocative). Le monopole peut résulter de barrières naturelles (coûts fixes très élevés rendant la concurrence non viable, comme les réseaux ferroviaires), de brevets, ou de réglementations.
L'oligopole : un petit nombre d'entreprises dominent le marché (ex. : téléphonie mobile, automobile). Les firmes en oligopole sont interdépendantes : la stratégie de chacune dépend des décisions des autres. Cela peut conduire à des ententes (cartels, fixation concertée des prix) ou à une guerre des prix. La théorie des jeux (John Nash) permet d'analyser ces comportements stratégiques. Le dilemme du prisonnier montre que la recherche de l'intérêt individuel peut conduire à un équilibre sous-optimal pour tous.
La concurrence monopolistique (Edward Chamberlin, Joan Robinson) : de nombreuses entreprises proposent des produits différenciés (par la marque, le design, la qualité, la localisation). Chaque entreprise dispose d'un petit pouvoir de marché sur son segment, ce qui lui permet de fixer un prix légèrement supérieur au coût marginal. La différenciation peut être réelle (caractéristiques du produit) ou perçue (image de marque, publicité).
Les barrières à l'entrée empêchent de nouveaux concurrents de pénétrer un marché. Elles peuvent être structurelles (économies d'échelle, coûts fixes élevés, contrôle d'une ressource essentielle), stratégiques (prix d'éviction pratiqué par les firmes installées pour décourager les entrants) ou institutionnelles (brevets, licences, réglementations). Plus les barrières sont élevées, plus le pouvoir de marché des entreprises en place est fort : elles peuvent maintenir des prix supérieurs au coût marginal sur le long terme.
Pour corriger les défaillances liées à la concurrence imparfaite, les autorités publiques mettent en œuvre une politique de la concurrence. En France, l'Autorité de la concurrence et, au niveau européen, la Commission européenne luttent contre les ententes illicites (cartels), les abus de position dominante et contrôlent les opérations de concentration (fusions-acquisitions). L'objectif est de préserver le bien-être des consommateurs en maintenant une concurrence effective.
Le marché fonctionne de manière optimale lorsque tous les agents disposent de la même information. Or, en réalité, l'information est souvent asymétrique : une des parties à l'échange en sait plus que l'autre.
L'antisélection (sélection adverse) survient avant la transaction. L'acheteur, ne pouvant distinguer les bons produits des mauvais, offre un prix moyen. Les vendeurs de bons produits se retirent, ne restant que les mauvais : c'est le marché des « lemons » décrit par George Akerlof (prix Nobel 2001). Exemple : le marché des voitures d'occasion, l'assurance santé (les individus les plus à risque sont les plus enclins à s'assurer).
L'aléa moral (hasard moral) survient après la transaction. L'agent assuré ou protégé modifie son comportement dans un sens défavorable pour l'autre partie. Exemple : un assuré qui prend plus de risques parce qu'il sait qu'il sera indemnisé ; un salarié qui réduit ses efforts lorsqu'il n'est pas surveillé.
Pour corriger ces asymétries, plusieurs mécanismes existent : le signal (le vendeur signale la qualité de son produit par un diplôme, un label, une garantie), le filtrage (l'acheteur met en place des dispositifs pour révéler l'information, comme les franchises en assurance ou les périodes d'essai à l'embauche), et la réglementation (normes, obligations d'information).
Les externalités sont des effets de l'activité d'un agent économique sur le bien-être d'un tiers, sans que cet effet soit compensé par le marché.
Les externalités négatives : la pollution d'une usine affecte la santé des riverains sans que l'entreprise ne supporte ce coût. Le coût social (coût privé + coût externe) est supérieur au coût privé, ce qui conduit à une surproduction par rapport à l'optimum social.
Les externalités positives : l'éducation d'un individu bénéficie à l'ensemble de la société (main-d'œuvre plus qualifiée, innovation, cohésion sociale). Le bénéfice social est supérieur au bénéfice privé, ce qui conduit à une sous-production par rapport à l'optimum.
L'État peut internaliser les externalités par la taxation (taxe pigouvienne sur les externalités négatives, inspirée d'Arthur Cecil Pigou), les subventions (pour encourager les activités à externalités positives), la réglementation (normes d'émission) ou la création de marchés de droits (quotas d'émission échangeables, dans la logique de Ronald Coase).
Les biens collectifs (ou biens publics) possèdent deux caractéristiques :
En raison de ces propriétés, les biens collectifs ne peuvent être fournis efficacement par le marché : chaque individu a intérêt à se comporter en passager clandestin (free rider), c'est-à-dire à profiter du bien sans contribuer à son financement, en espérant que les autres paieront. L'État prend en charge la production de ces biens et les finance par l'impôt.
La monnaie remplit trois fonctions fondamentales :
Les formes de la monnaie ont évolué :
La masse monétaire désigne la quantité totale de monnaie en circulation dans l'économie. La BCE utilise trois agrégats pour la mesurer : M1 (billets, pièces et dépôts à vue), M2 (M1 + dépôts à terme de moins de 2 ans et dépôts avec préavis de 3 mois), M3 (M2 + instruments négociables comme les OPCVM monétaires).
La création monétaire est le processus par lequel la quantité de monnaie en circulation augmente. Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les banques centrales qui créent l'essentiel de la monnaie, mais les banques commerciales par l'octroi de crédits. C'est le principe fondamental : « les crédits font les dépôts ».
Lorsqu'une banque accorde un crédit à un client, elle inscrit le montant au crédit de son compte : elle crée de la monnaie scripturale ex nihilo (à partir de rien). Cette monnaie est détruite lorsque le crédit est remboursé. La masse monétaire augmente donc lorsque le flux de crédits nouveaux dépasse le flux de remboursements.
Les banques commerciales sont soumises à des contraintes :
La Banque Centrale Européenne (BCE), indépendante des gouvernements, conduit la politique monétaire de la zone euro. Son objectif principal est la stabilité des prix (inflation proche mais inférieure à 2 %).
La BCE agit principalement par ses taux directeurs :
La politique monétaire agit donc indirectement sur l'activité économique en influençant les conditions de financement de l'économie. Elle a des effets sur la croissance, l'emploi et le niveau général des prix.
La socialisation est le processus par lequel un individu intériorise les normes (règles de comportement, formelles ou informelles) et les valeurs (idéaux, principes moraux partagés par un groupe) de la société dans laquelle il vit. Ce processus fait de l'individu un être social, capable d'interagir avec les autres et de s'insérer dans la vie collective.
On distingue deux phases :
La socialisation n'est pas identique pour tous : elle varie selon le genre. Dès la petite enfance, les garçons et les filles reçoivent des traitements différents : choix des jouets, couleurs des vêtements, encouragements à des comportements distincts (compétition pour les garçons, empathie pour les filles). Muriel Darmon analyse ces mécanismes dans La Socialisation (2006). Les parents, l'école et les médias véhiculent des stéréotypes de genre qui orientent les goûts, les aspirations et les trajectoires professionnelles.
Pierre Bourdieu montre que la socialisation transmet un habitus — un ensemble de dispositions durables acquises par l'expérience — qui varie selon le milieu social d'origine. Les familles des classes populaires et celles des classes supérieures ne transmettent pas les mêmes rapports au langage, à la culture, à l'autorité ou à l'avenir. Le capital culturel (savoirs, diplômes, pratiques culturelles) hérité de la famille constitue un avantage décisif dans la réussite scolaire et professionnelle.
Bernard Lahire nuance cette approche en montrant que les individus ne sont pas enfermés dans un habitus unique et monolithique. Dans L'Homme pluriel (1998), il met en évidence la pluralité des dispositions : chaque individu est socialisé dans plusieurs contextes (famille, école, pairs, médias) qui peuvent lui transmettre des normes et des valeurs contradictoires. Un enfant de milieu populaire peut développer un rapport à la culture scolaire grâce à un enseignant ou un groupe de pairs.
Émile Durkheim (1858-1917), fondateur de la sociologie française, analyse l'évolution du lien social à travers la notion de solidarité :
Un groupe social est un ensemble d'individus en interaction régulière, partageant un sentiment d'appartenance commune et des normes partagées. On distingue :
Les réseaux sociaux (au sens sociologique) désignent l'ensemble des liens qu'un individu entretient avec d'autres personnes. Mark Granovetter (The Strength of Weak Ties, 1973) a montré paradoxalement que les liens faibles (connaissances éloignées) sont souvent plus utiles que les liens forts (proches) pour trouver un emploi, car ils donnent accès à des cercles sociaux différents et à des informations nouvelles.
Le capital social (Bourdieu, puis Robert Putnam) désigne l'ensemble des relations sociales mobilisables par un individu. Bourdieu le définit comme une ressource liée à l'appartenance à un réseau de relations. Putnam (Bowling Alone, 2000) élargit la notion au niveau collectif : le capital social d'une communauté (confiance, normes de réciprocité, engagement associatif) favorise la coopération et le bien-être collectif.
La sociabilité numérique transforme les formes du lien social : les réseaux sociaux numériques (Instagram, TikTok, X) élargissent les cercles de sociabilité mais posent la question de la profondeur et de l'authenticité des liens créés en ligne.
La déviance désigne tout comportement qui transgresse une norme sociale en vigueur dans un groupe ou une société donnée. Elle ne se réduit pas à la délinquance ou à la criminalité : elle peut prendre des formes variées (excentricité vestimentaire, tatouages, consommation de substances, non-respect de conventions sociales). La déviance est relative : elle varie selon les sociétés, les époques et les groupes sociaux. Un comportement jugé déviant dans un contexte peut être parfaitement normal dans un autre.
Howard Becker (Outsiders, 1963) révolutionne l'approche de la déviance avec la théorie de l'étiquetage (labelling theory). Pour Becker, la déviance n'est pas une propriété intrinsèque de l'acte, mais le résultat d'un processus social : « Le déviant est celui auquel cette étiquette a été appliquée avec succès ; le comportement déviant est celui que les gens étiquettent comme tel. » Ce sont les entrepreneurs de morale (législateurs, groupes de pression, médias) qui définissent ce qui est déviant en créant des normes et en les faisant appliquer.
Le processus de déviance suit une carrière en plusieurs étapes : transgression initiale, repérage par les agents du contrôle social, étiquetage comme déviant, intériorisation de l'identité déviante, et éventuelle adhésion à un groupe déviant. L'étiquetage peut produire un effet d'amplification : traité comme un déviant, l'individu finit par se conformer à cette identité (prophétie autoréalisatrice).
Erving Goffman (Stigmate, 1963) analyse le stigmate comme un attribut (physique, comportemental, social) qui discrédite un individu aux yeux des autres et le rend « différent » de manière négative. Le stigmatisé est réduit à cet attribut et voit ses autres qualités ignorées. Goffman distingue trois types de stigmates : les « monstruosités du corps » (handicap, difformité), les « tares du caractère » (addiction, maladie mentale, homosexualité à certaines époques) et les stigmates « tribaux » (race, religion, nationalité). Le stigmatisé développe des stratégies de gestion : dissimulation, retrait social, ou militantisme pour revendiquer son identité.
Le contrôle social désigne l'ensemble des mécanismes par lesquels la société amène les individus à se conformer aux normes. On distingue :
L'évolution des sociétés modernes se caractérise par un renforcement du contrôle social formel (multiplication des lois, vidéosurveillance, contrôle numérique) parallèlement à un affaiblissement relatif du contrôle social informel lié à l'individualisation des modes de vie.
L'opinion publique désigne l'ensemble des jugements, attitudes et croyances partagés par une majorité de la population sur un sujet donné. Cependant, sa définition même fait débat. Pierre Bourdieu affirme dans un article célèbre (1973) que « l'opinion publique n'existe pas » au sens où les sondages la présentent : les questions posées ne sont pas nécessairement celles que se posent les individus, tous les avis ne se valent pas en termes de compétence, et l'agrégation de réponses individuelles ne constitue pas une opinion collective cohérente.
Les sondages sont l'outil principal de mesure de l'opinion publique. Ils reposent sur l'interrogation d'un échantillon représentatif de la population, constitué par la méthode des quotas (reproduction des caractéristiques sociodémographiques de la population) ou par tirage aléatoire. Les résultats comportent une marge d'erreur statistique.
Les sondages présentent des biais importants :
Les médias jouent un rôle central dans la formation de l'opinion publique. La théorie de l'agenda-setting (McCombs et Shaw, 1972) montre que les médias ne disent pas aux gens ce qu'ils doivent penser, mais à quoi ils doivent penser : en hiérarchisant l'information, ils définissent les sujets de débat public. Le cadrage médiatique (framing) influence la manière dont les individus perçoivent un problème en mettant en avant certains aspects plutôt que d'autres.
Les réseaux sociaux numériques ont profondément modifié la formation de l'opinion. Les algorithmes de recommandation personnalisent les contenus en fonction des interactions passées de l'utilisateur, créant des bulles de filtre (Eli Pariser, 2011) : l'individu est exposé principalement à des opinions proches des siennes, ce qui renforce ses convictions et limite l'exposition à des points de vue contradictoires. Ce phénomène alimente la polarisation du débat public et favorise la diffusion de fake news (désinformation) et de théories complotistes.
Le risque social désigne un événement susceptible de réduire les ressources ou d'accroître les dépenses d'un individu : maladie, accident, chômage, vieillesse, maternité, invalidité. L'assurance est un mécanisme collectif de gestion du risque fondé sur la mutualisation : les individus versent des cotisations (primes) en échange de la garantie d'être indemnisés en cas de sinistre. Le principe repose sur la loi des grands nombres : à l'échelle d'un groupe suffisamment large, la fréquence et le coût des sinistres deviennent prévisibles.
Deux problèmes menacent le bon fonctionnement de l'assurance :
La protection sociale repose sur deux logiques complémentaires :
En France, le système de Sécurité sociale (créé en 1945) combine les deux logiques. Les quatre branches couvrent la maladie (assurance maladie), la famille (allocations familiales), la vieillesse (retraites) et les accidents du travail. L'assurance chômage est gérée par les partenaires sociaux (Unédic/France Travail). Des prestations d'assistance complètent le dispositif : RSA (revenu de solidarité active), CMU-C (complémentaire santé solidaire), minimum vieillesse (ASPA).
L'État-providence désigne l'ensemble des interventions de l'État en matière de protection sociale. Il fait face à des défis majeurs :
Les entreprises peuvent adopter différentes formes juridiques :
La gouvernance désigne l'ensemble des mécanismes qui régissent la prise de décision dans l'entreprise et les relations entre les différentes parties prenantes (stakeholders) : actionnaires, dirigeants, salariés, fournisseurs, clients, collectivités locales, État.
La séparation entre propriété et gestion est un phénomène central des grandes entreprises modernes. Les actionnaires (propriétaires) délèguent la gestion quotidienne à des dirigeants (managers). Cette séparation crée une relation d'agence (théorie de l'agence, Jensen et Meckling, 1976) : le principal (actionnaire) confie une mission à un agent (dirigeant) dont les intérêts peuvent diverger. Le dirigeant peut privilégier sa rémunération, son pouvoir ou la croissance de l'entreprise au détriment de la rentabilité pour les actionnaires.
Pour aligner les intérêts, plusieurs mécanismes de contrôle existent : les stock-options (intéressement des dirigeants au cours de l'action), les conseils d'administration (surveillance par les représentants des actionnaires), les audits et la transparence financière (publication des comptes), la pression des marchés financiers (risque d'OPA hostile si le cours de l'action baisse), et la gouvernance partenariale qui intègre les intérêts de l'ensemble des parties prenantes (représentation des salariés au conseil d'administration, RSE — Responsabilité Sociétale des Entreprises).
| Chapitre | Auteurs incontournables | Concepts clés |
|---|---|---|
| Marché concurrentiel | Adam Smith | Offre/demande, prix d'équilibre, élasticité, surplus |
| Concurrence imparfaite | Chamberlin, Robinson, Nash | Monopole, oligopole, différenciation, barrières à l'entrée |
| Défaillances du marché | Akerlof, Pigou, Coase | Asymétries d'information, externalités, biens collectifs |
| Monnaie et politique monétaire | BCE, Keynes | Création monétaire, taux directeurs, masse monétaire |
| Socialisation | Bourdieu, Lahire, Darmon | Habitus, socialisation primaire/secondaire, genre |
| Liens sociaux | Durkheim, Granovetter, Putnam | Solidarité mécanique/organique, liens faibles, capital social |
| Déviance | Becker, Goffman | Étiquetage, stigmatisation, contrôle social |
| Opinion publique | Bourdieu, McCombs, Pariser | Sondages, agenda-setting, bulles de filtre |
| Assurance et protection sociale | Bismarck, Beveridge | Assurance/assistance, Sécurité sociale, État-providence |
| Entreprises | Jensen, Meckling | Gouvernance, relation d'agence, parties prenantes |